Inscrite avec le jardin à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1991, achetée par le Conseil général du Val-d’Oise en 1996, la maison a ouvert ses portes au public en 2003, année du 150ème anniversaire de la naissance de Vincent van Gogh.
 
La collection de peintures et de gravures du médecin a été dispersée mais les papiers peints anciens portent encore la marque des accrochages passés et la presse à bras du docteur Gachet, vendue en 1943, y a repris sa place grâce à un prêt.
 
Dans l’intimité des petites pièces de cette haute bâtisse, la scénographie, subtile et presque imperceptible, se veut une évocation de ce passé, à travers la matière des choses, le rapport entre les couleurs et la présence de certains objets.
 
Le ministère de la culture a attribué le label maison des illustres au site en 2017.
 
Le docteur Paul Ferdinand Gachet
Paul Ferdinand Gachet naît le 30 juillet 1828 à Lille, dans une famille de la moyenne bourgeoisie. Refusant d’adopter la carrière de son père dans l’industrie lainière, il s’inscrit en 1848 à la Faculté de Médecine de Paris. Après avoir travaillé à la Salpêtrière avec des malades mentaux, il soutient une thèse titrée Étude sur la mélancolie à l’Université de Montpellier, et prête le serment d’Hippocrate en 1858.
 
Dans ses cabinets parisiens de la rue Montholon puis au 78, rue du Faubourg Saint-Denis, il pratique une médecine éclectique, mêlant allopathie et homéopathie. Simultanément, il fréquente les ateliers d’artistes, reprend le dessin et la peinture auxquels il s’adonnait dans son adolescence, s’initie à la gravure. Il échange volontiers une consultation contre une toile, une gravure, un billet de concert ou une place au théâtre.
 
C’est en venant chez un ami que le docteur Gachet découvre Auvers-sur-Oise. Il est séduit par le caractère pittoresque de ce village fréquenté par de nombreux peintres. La ligne de chemin de fer, inaugurée le 14 juin 1846, le met à une heure de Paris. La maison des époux Lemoine est à vendre et, soucieux de la santé fragile de son épouse, il s’en porte acquéreur le 9 avril 1872.
 
Membre assidu de la Société des Éclectiques, il fréquente les dîners Lamarck institués en l’honneur du naturaliste et les dîners du Rouge et du Bleu, qui rassemblent des critiques d’art et des artistes. « Toujours par monts et par vaux, d’une activité extraordinaire, il mène tout de front ; ses consultations en son cabinet et sa peinture, l’homéopathie et l’allopathie, la littérature et la pêche à la ligne, sans compter l’éducation de ses enfants... » (Paul Alexis, Le Cri du Peuple, août 1887).
 
Camille Pissarro, qui vit à Pontoise, est un des premiers visiteurs du docteur Gachet, qui est son médecin de famille. Les deux hommes se connaissent bien et le peintre lui présente Paul Cézanne, Armand Guillaumin. Sur les conseils de celui-ci, la lucarne de l’atelier aménagé dans le grenier où tous s’adonnent à la gravure est déplacé au nord, pour obtenir une meilleure lumière.
 
En 1890, Gachet accueille Vincent van Gogh, qui réalise chez lui plusieurs tableaux et son unique eau-forte : l’Homme à la pipe, Portrait du docteur Gachet. 
 
À partir de 1891, lui-même expose au Salon des Indépendants, d’abord sous son nom puis sous le pseudonyme de Paul van Ryssel, avec Georges Seurat, Paul Signac ou Odilon Redon.
 
La maison et son jardin
Conforme à l’image qu’en a donnée Paul Cézanne dans La Maison du docteur Gachet (Yale University Art Galley, New Haven, Connecticut, États-Unis), la maison blanche à trois niveaux, coiffée d’un toit en tuiles plates, regarde la vallée de l’Oise, plein sud.
 
Du haut des terrasses du jardin, bordées de vieux buis et retenues par des murets de pierres, s’offre une échappée sur les toits rouges du village. Des tilleuls ombragent la cour, un atelier troglodytique est creusé dans la falaise calcaire, une autre cavité ouvre sur un cirque aux parois abruptes tapissées de clématites sauvages, de lierre et de lianes.
 
Le jardin apparaît dans trois tableaux de Vincent van Gogh conservés à Paris, au musée d’Orsay. Dans le jardin du docteur Paul Gachet, le peintre représente des espèces d’allure méditerranéenne — des thuyas interprétés en cyprès, un yucca qui devient aloès —, secouées sur un ciel tourmenté par les bourrasques d’un vent aussi violent que le mistral.
 
Il en propose une vision apaisée et transfigurée par la silhouette virginale de Mademoiselle Gachet. Coiffée d’un chapeau de paille, vêtue d’une robe légère, Marguerite à 20 ans est à l’image des vagues de fleurs blanches aux feuilles gris bleu qui l’entourent.
 
Troisième indice, la fleur de digitale que tient le médecin dans son plus fameux portrait. La pharmacopée de l’homéopathie, à laquelle il s’interessait, a guidé la restauration du jardin, où poussent l’aconit et la belladone, le cassis et la grande chélidoine, à côté du chrysanthème et du dalhia chers à Cézanne, de la marguerite, du souci et de l’heuchère, ou "désespoir du peintre".
 
Informations pratiques
 
Elodie PERRAULT , responsable du site, chargée de mission Patrimoine
01 34 25 16 77
 
Michel Jourdheuil, chargé de mission Parcs & Jardins
01 34 25 31 44
 
Maison du docteur Gachet
78, rue du Docteur-Gachet — Auvers-sur-Oise
01 30 36 81 27
 
Entrée gratuite

Le site est ouvert de la fin du mois de mars à la fins du mois d'octobre du mercredi au dimanche, de 10h30 à 18h30 (dernière entrée 18h00)

Réservations pour les visites de groupes par mél ou au 01 30 36 81 27

La maison du docteur Gachet participe aux évènements nationaux comme la nuit des musées, les rendez-vous aux jardins, jardins ouverts et les journées européennes du patrimoine. 

 
La maison du docteur Gachet est un site du Conseil général du Val-d’Oise.
 
Suivez l'actualité de la maison du docteur Gachet sur https://www.facebook.com/MaisonDuDocteurGachet/
 
 
 
L’exposition « JARDINS, JOIES DU VAL D’OISE », présentée par la Maison du docteur Gachet, s’inscrit dans la dynamique du livre 50 parcs et jardins dans le Val d’Oise, publié en décembre 2018 pour les 50 ans du Département. Sans en être une exacte déclinaison, elle en explore certaines lignes de force au travers d’un ensemble d’œuvres historiques et contemporaines : cartes postales, photographies, installations, …
 
Des herbiers conservés au Muséum national d’histoire naturelle et d’autres confectionnés par Marinnette Cueco rappellent les plantes médicinales du jardin du docteur Gachet. Des instantanés familiaux mélangent les repères temporels. Plusieurs scènes et personnalités emblématiques du Val d’Oise, saisis par l’objectif de Gilles Carcassès, Peter Knapp, Yann Monel ou Hélène Ruffenach, éclairent les murs. Dans la maison et le jardin, quatre artistes contemporains s’inspirent de l’univers végétal.
 
Le bestiaire fantaisiste du sculpteur Franck Rouilly évoque la ménagerie domestique de la famille Gachet, qui vivait entourée par « huit chats, trois chiens puis des poules, des lapins, des canards, des pigeons … » (Vincent van Gogh, 13 juin 1890). La création messagère de William Amor dérive de la digitale posée sur la table où s’accoude le médecin portraituré par le peintre ; les délicats boutons de rose, éparpillés de-ci, de-là par la céramiste Marie Rancillac, rappellent le souvenir de la jeune Marguerite Gachet, représentée au jardin par un radieux matin de juin (Paris, musée d’Orsay). L’artiste Aligna plante ses fleurs de métal à l’entrée du théâtre troglodytique aménagé au fond d’une grotte creusée dans la falaise.
 
Citadins ou champêtres, réguliers ou sauvages, remarquables ou modestes, les parcs et les jardins sont un des atouts les plus séduisants de notre département. Après l’implacable soleil noir de la Melancholia l’an dernier, l’exposition « JARDINS, JOIES DU VAL D’OISE » exalte le bonheur universel qu’on éprouve à vivre au jardin.
 
Marie-Christine CAVECCHI
 
Présidente du Conseil départemental du Val d’Oise
 
 
 
Lumières et couleurs de la vallée de l'Oise
Au musée Daubigny
JARDINS, JOIES DU VAL D’OISE
présentée par la Maison du docteur Gachet
Jî Drû "Western"
En concert le 16 mai 2020

Informations municipales

Conservatoire de musique

 

Le chemin des peintres

Nouvelle salle Daubigny
Manoir des colombières